Crédits renouvelables : avantages et mises en gardes

Dans un souci de transparence, un décret, effectif au 1er septembre 2010, a rendu l’expression « crédit renouvelable » légale et autorisée, primant sur « le crédit permanent », le « crédit revolving », le « crédit reconstituable » ou encore la « réserve d’argent ».

Comme tous crédits à la consommation, cette solution de financement met à disposition de l’emprunteur une somme d’argent dont il peut disposer librement. Naturellement, lorsque la personne puise dans cette manne, elle diminue, mais contrairement aux autres crédits, elle peut se reconstituer au fur et à mesure du remboursement de crédit.

Dans la majorité des établissements, on vous propose de devenir propriétaire d’une carte de crédit associée à ce prêt. La souscription à un crédit renouvelable peut se faire dans tous les organismes financiers traditionnels mais aussi auprès de certaines enseignes françaises.

Sa souplesse d’utilisation est très séduisante : vous disposez de liquidités dans la limite d’un montant maximum que vous pouvez réapprovisionner facilement. Cependant, cette liberté a son revers : les taux d’intérêts pratiqués sont variables et plus élevés que les solutions classiques de financement. Et si les faibles mensualités proposées sont attractives, elles contribuent considérablement à alourdir le coût total du crédit, dont la période de remboursement peut s’échelonner sur plusieurs années. En effet, la durée traditionnelle d’un crédit renouvelable est d’un an, reconductible chaque année. Trois mois avant la fin de votre contrat, vous êtes informés des conditions de reconduction. A la date anniversaire, vous avez la possibilité de le transformer en prêt classique pour rembourser le montant encore dû.

Précautions d'utilisation et protections légales

Le crédit renouvelable est un crédit à la consommation : par conséquent, le souscripteur bénéficie d’une protection législative, établie par les lois Scrivener et Niertz. Ces dispositions légales prévoient des règles qui sécurisent le consommateur et contraignent l’établissement financier à une certaine souplesse et au respect de certains droits : remise d’une offre préalable, délai de réflexion, droit de rétractation, modalités souples de remboursement, etc. Leur application permet de lutter contre les  achats à caractère impulsif, souvent générateurs de surendettement.

Les dangers du crédit renouvelable

Cette attention gouvernementale est d’autant plus importante, dans le cas d’un crédit renouvelable, que son mode de fonctionnement est aussi attractif que pervers :

  • - Le principe même du crédit qui se reconstitue sans cesse est un cercle vicieux. Il s’agit de s’imposer une vraie discipline pour ne pas dépenser, à nouveau, les sommes remboursées et ainsi prolonger le crédit à l’infini.
  • - Le piège de la souscription d’une assurance est assez courant. Obligatoire pour un prêt immobilier, elle est facultative pour un crédit à la consommation car la somme et la durée étant limitées, les risques sont souvent bien inférieurs aux tarifs demandés.
  • - Le taux d’intérêt d’un crédit renouvelable évolue et sa nature variable présente des risques réels en cas de prolongement du crédit.
  • - Il s’agit enfin de se méfier des offres promotionnelles comme « zéro euro pendant trois mois », « faible mensualités au début de vos remboursements », etc. car elles cachent souvent des taux proches du taux d’usure, en fin de période de promotion.